20 janvier 2026
Doublet : ONION et UNION
04 janvier 2026
Le genre des couleurs et des langues
COULEUR et LANGUE sont deux noms féminins ; on dit la couleur bleue et la langue française.
Cependant, les noms désignant les couleurs et les langues sont tous masculins :
Les couleurs : le bleu, rouge, le jaune, le vert, le beige, le orange, le marron, le rose, le mauve, le violet, le noir, le blanc, le gris...
Les langues : le français, le russe, le chinois, le vietnamien, le tamoul, le coréen, le perse, le celte, le gaulois, le birman, le turc, le grec, l'arabe...
Quelle en est la raison ?
Bleu et français sont issus de la classe grammaticale des adjectifs, et comme tels prennent le genre masculin par défaut (neutralisation du genre) lorsqu'ils sont substantivés (nominalisés).
Il en va de même pour tout nom issu d'une autre classe grammaticale : le pouvoir, le dîner (infinitifs), le derrière, le pour et le contre (prépositions), un rien, le mal (adverbes), un accessoire, le liquide (adjectif), un mais (conjonction).
Doublets VOEU et VOTE masculins
Le mot vœu (masculin) est ce qu'on appelle un "doublet populaire". Il a traversé les siècles oralement, se transformant doucement : votum est devenu vot, vou, veu en ancien français, puis vœu au 17e siècle.
Le mot vote (masculin) est un doublet savant. Il a été emprunté au 18e siècle à l'anglais vote, qui vient également du latin votum. Sa forme en -e pour remplacer la finale -um du latin est de style orthographique français (forme savante).
Sources :
Portail lexical du CNRTL
Wiktionnaire, le dictionnaire libre
Dictionnaire de l'Académie française
Etymon on line
Un POÈME à la CRÈME
Poème sur le hashtaggenre des noms en -ème...
L'observation empirique montre qu'en hashtagfrançais les mots en -ème sont savants et masculins. Seuls hashtagcrème et hashtagbohème sont populaires et féminins
Dans l'univers clos d'un vaste système,
Où chaque pensée cherche son propre thème,
L'esprit s'égare en un long théorème,
Pour tenter de résoudre un ultime problème.
On y croise l'éclat d'un fier diadème,
Porté par un roi au jour du baptême,
Lui servant d'armure et de noble emblème,
Durant les rigueurs d'un austère carême.
Parfois l'on médite sur le chrysanthème,
Fruit d'un hasard ou d'un noir stratagème,
Contemplant l'effroi de ce phénomène,
Qui fige la vie en un froid anathème.
Mais au milieu de ces mots savants masculins,
Deux figures s'avancent, au charme commun :
La crème, et la bohème en leur grâce féminine,
Viennent adoucir cette rigueur masculine.
partially AI generated
25 décembre 2025
Doublets : la VITRE est en VERRE m.
En résumé
19 décembre 2025
Le genre des noms en -age
28 novembre 2025
Le VOCABULAIRE et la GRAMMAIRE
VOCABULAIRE (liste de vocables) masculin
Genre étymologique
Genre suffixal
En français moderne, vocabulaire est un dérivé de vocable au moyen du suffixe collectif masculin -aire, qui exprime l’idée de « liste ou recueil de mots ».
Ce suffixe savant a été assez productif :
Les cas féminins sont soit...
- des dérivés suffixés : une publication, une parution
- des composés savants : une anthologie, une biographie, une monographie, une encyclopédie
- le résultat de métonymies :
une torah (13e) emprunt à l'hébreu signifiant "instruction, doctrine, enseignement" et par extension "un exemplaire écrit"
une revue (18e) emprunt à l'anglais review, lui même du français revue f. (restauration du genre de l'étymon français) ; il désigne une publication périodique et par extension "un exemplaire imprimé de cette revue"
une thèse : emprunt au latin thesis f. ; proposition de recherche soutenue lors d'un doctorat ; par extension "un exemplaire imprimé de cette thèse"
une grammaire : emprunt au latin grammatica f. (science des lettres) ; par extension "un manuel de grammaire"
- des emprunts
une bible (12e) Emprunt au latin chrétien biblia f.
06 novembre 2025
PLUIE féminin, mais PARAPLUIE masculin
🌧️ PLUIE : un héritage latin
Le mot pluie, attesté depuis le XIᵉ siècle, vient du latin pluvia, nom féminin dérivé du verbe pluere (pleuvoir). Le français a simplement conservé le genre féminin du latin :
une pluie fine, une forte pluie
Le genre de pluie est donc étymologique. Il a conservé le genre féminin de son étymon latin.
☂️ PARAPLUIE : un composé verbal franco-italien
Au 16e siècle, le français emprunte à l'italien les noms parasol (parasole m.) et paravent (paravento m.), eux-mêmes issus du verbe italien parare (se défendre). En italien, comme en français, le genre masculin est motivé par la nature verbale (donc non genrée) et exocentrique (sans tête) de ce type de composition.
Le français s'est mis à créer de nouveaux composés sur le modèle italien. Le mot parapluie (ce qui protège de la pluie) naît ainsi au 17e siècle, suivi de parachute (ce qui protège de la chute) et paratonnerre (ce qui protège du tonnerre) au 18e.
La forme de composition a été francisé plus tard à l'aide de pare- (verbe parer), pour donner des composés masculins : (19e siècle) un pare-feu, (20e siècle) un pare-brise, un pare-choc, un pare-soleil, un pare-boue, un pare-douche, un pare-pierres, un pare-pluie
Le genre de parapluie est neutralisé, c'est à dire masculin par défaut. C'est le cas de tous les composés verbaux (ex. ouvre-boîte, porte-bonheur, lance-flamme, appuie-tête, lave-linge, grille-pain etc.) car ils n'ont pas de tête genrée contrairement aux composés endocentriques comme chou-fleur m. (un type de chou m.), timbre-poste m. (un type de timbre m.), radio-réveil (un type de réveil m.), pause-café f. (un type de pause f.)
fermer son parapluie, un vieux parapluie
En résumé :
Le genre de PLUIE est hérité du latin, celui de PARAPLUIE est imposé par défaut.
18 octobre 2025
CHEMISE féminin, mais CHEMISIER masculin
Apprenants de français, sachez que le genre des vêtements ne dépend pas du sexe de ceux qui les portent.
Une "chemise" est un vêtement porté par un homme
CHEMISE est attesté en français depuis le 10e siècle. Il est issu du bas latin camisia f., une chemise de toile portée sur la peau.
Un "chemisier" est un vêtement porté par une femme
CHEMISIER est un dérivé du nom français "chemise" à l'aide du suffixe masculin -ier formant des nom d'agent et/ou de profession. En effet, au début du 20e siècle, un "chemisier" ou "chemisière" désignait une personne qui faisait ou vendait des chemises pour homme. Dans les années 20, après glissement de sens, il désignait également une chemisette, une petite chemise, ou une blouse à devant plissé.
En résumé
Le genre de CHEMISE est étymologique, car il a conservé le genre féminin de son ancêtre latin. Le genre de CHEMISIER est suffixal (morphologique), car il a pris le genremasculin de son suffixe -ier.
GROUPE masculin, mais TROUPE féminin
Pourquoi dit-on un groupe de rock, mais une troupe de théâtre, alors que les deux noms partagent un sens proche (ensemble de personnes) et la même finale -(r)oupe /-rup/ ?
Quelle en sont les raisons ?
GROUPE (m.) est un emprunt à l'italien gruppo m. datant du 17e siècle ; le e final du français est orthographique ; il permet de maintenir le son /p/ qui autrement serait devenu muet comme dans "coup" ou "drap". L'emploi de "groupe" pour désigner un ensemble musical date des années soixante.
TROUPE (f.) a une toute autre origine qui s'avère plus complexe à retracer. Il est décrit dans les dictionnaires comme une régression de "troupeau", nom masculin (régression accompagnée d'un changement de genre) qui comme de nombreux autres noms de l'ancien français (trope f. (fin 12e), tropel m.(1190), tropele f. (12e), tropelet m.) dérive du radical francique *trop, *trop (entassement) qui avait donné le bas latin troppum nt. ainsi que l'adverbe français "trop" (1080). Le féminin peut être dû à l'influence de trope f. ou à la finale fermée marquée (-pe) typique du féminin, ou encore à un féminin sémantique (valeur de collectif). "Troupeau" s'est spécialisé dans le regroupement d'animaux alors que "troupe" est réservé aux individus (une troupe militaire). C'est au 17e (1662) que ce dernier commence à désigner également un ensemble de comédiens jouant ensemble.

