04 janvier 2026

Le genre des couleurs et des langues

                                    

COULEUR et LANGUE sont deux noms féminins ; on dit la couleur bleue et la langue française

Cependant, les noms désignant les couleurs et les langues sont tous masculins :  

Les couleurs le bleu, rouge, le jaune, le vert, le beige, le orange, le marron, le rose, le mauve, le violet, le noir, le blanc, le gris...

Les langues : le français, le russe, le chinois, le vietnamien, le tamoul, le coréen, le perse, le celte, le gaulois, le birman, le turc, le grec, l'arabe... 

Quelle en est la raison ?

Bleu et français sont issus de la classe grammaticale des adjectifs, et comme tels prennent le genre masculin par défaut (neutralisation du genre) lorsqu'ils sont substantivés (nominalisés). 

Il en va de même pour tout nom issu d'une autre classe grammaticale : le pouvoir, le dîner (infinitifs), le derrière, le pour et le contre (prépositions), un rien, le mal (adverbes), un accessoire, le liquide (adjectif), un mais (conjonction).

Doublets VOEU et VOTE masculins

VOEU et VOTE, bien que descendant du même ancêtre latin,
sont entrés en français de manière bien différente.
  


À l'origine, le nom latin votum désigne une promesse faite aux dieux. C'est un engagement solennel pour obtenir une faveur.

Le VŒU : l'évolution naturelle

Le mot vœu (masculin) est ce qu'on appelle un "doublet populaire". Il a traversé les siècles oralement, se transformant doucement : votum est devenu vot, vou, veu en ancien français, puis vœu au 17e siècle.

Il a gardé le sens spirituel et personnel : un souhait profond ou un engagement religieux.


Son genre est étymologique : les noms neutres latins sont devenus masculins en français.
Sa finale ouverte (voyelle /ø/) à l'oral, démarquée (pas de -e) à l'écrit est typique du masculin français.

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Le VOTE : le voyageur anglais

Le mot vote (masculin) est un doublet savant. Il a été emprunté au 18e siècle à l'anglais vote, qui vient également du latin votum. Sa forme en -e pour remplacer la finale -um du latin est de style orthographique français (forme savante).

Ici, l'idée de souhait s'est déplacée vers le domaine politique : voter, c'est exprimer son vœu (sa volonté) lors d'un choix collectif.


Son genre grammatical est étymologique, son étymon latin étant neutre, il est devenu masculin en français. 

Note : Les emprunts à l'anglais prennent le genre masculin par défaut (neutralisation du genre) puisque l'anglais ne connaît pas le genre grammatical. Cependant, lorsque cet emprunt n'est pas anglo-saxon mais d'origine latine ou française, il reprend son genre d'origine. 

Sa finale fermée (consonne /t/) à l'oral, marquée (-e final) à l'écrit est atypique du masculin français, mais caractéristique des termes savants. 

Au Moyen Âge, l’anglais a emprunté vou à l’ancien français (anglo-normand) pour former vow, avec le même sens. Il présente ainsi le même doublet vow / vote que le français, tandis que les autres langues romanes (italien, espagnol, portugais) n’emploient qu’un seul mot, voto m.


En résumé

Bien que vœu et vote proviennent du même mot latin (votum), ils ont suivi des chemins différents : vœu est un héritage populaire ancien, tandis que vote est un emprunt savant passé par l’anglais. Leurs sens se sont spécialisés, l’un relevant du domaine personnel ou religieux, l’autre du domaine politique. Tous deux sont masculins, conformément au devenir du neutre latin en français. Vœu porte une finale conforme au standard du genre français du fait de sa longue période d'intégration ; vote porte une finale atypique du masculin, mais caractéristique des termes savants.

Sources : 

Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, Le Robert)
Portail lexical du CNRTL
Généroscope : base de donnée et application (© Ginette Chamart, 2025)
AI : ChatGPT (illustration) et Gemini 


 © Généroscope, Ginette Chamart, 2026 (Droits réservés)

POÈME masculin, mais CRÈME féminin



POÈME

Dans l'univers clos d'un vaste système

Où chaque pensée cherche son propre thème

L'esprit s'égare en un long théorème, 

Pour tenter de résoudre un ultime problème.

On y croise l'éclat d'un fier diadème

Porté par un roi au jour du baptême

Lui servant d'armure et de noble emblème 

Durant les rigueurs d'un austère carême.

Parfois l'on médite sur le chrysanthème

Fruit d'un hasard ou d'un noir stratagème

Contemplant l'effroi de ce phénomène, 

Qui fige la vie en un froid anathème.

Mais au milieu de ces mots savants masculins

Une figure s'avance, au charme commun 

Seule la crème, en sa grâce féminine

Vient adoucir cette rigueur masculine.

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