27 janvier 2026

une BAGUETTE de pain et un CROISSANT beurre

La BAGUETTE et le CROISSANT
 icônes françaises de la culture… et du genre grammatical


une BAGUETTE de pain 

Emprunté à l'italien bacchetta f. (petit bâton, small stick), du latin baculum (bâton), le mot baguette aurait subi l'influence de bague (anneau) pour le son /g/.

1510 Apparaît d'abord dans l'expression "à la baguette" (avec autorité)
1606 Prend le sens de petit bâton 
1675 Apparition de "baguette magique"
1833 Apparition de "baguette de chef" (d'orchestre)
1892 Apparition de la 
"baguette de pain", un pain parisien long et mince   

Le genre grammatical de baguette est étymologique (hérité de l'italien) et suffixal (diminutif féminin -ette sur base nominale)
Sa finale est typique du féminin : fermée (consonne /-t/) à l'oral, et marquée d'un -e à l'écrit. 
  
un CROISSANT beurre

Croissant est le résultat de la nominalisation du participe présent du verbe croître (to increase)

1180  Désigne d'abord une période entre la nouvelle et la pleine lune qui s'opposait à la période inverse appelée décroissant m. (aujourd'hui disparus)
1223 Prend le sens de croissant de lune, partie éclairée de la lune au début et à la fin de son évolution
1674 Devient l'emblème de l'Empire turc et de la religion musulmane

En 1770, Marie Antoinette, Dauphine de France fraîchement arrivée d'Autriche, introduit à la cour cette pâtisserie faite à Vienne après la victoire sur les Turcs en 1683, sans lui donner alors de nom spécifique.

1850 Début de l'usage du mot croissant en pâtisserie, correspondrait à la traduction du nom allemand Hornchen (corne), l'allemand étant la langue parlée en Autriche.
1883 Apparition du mot viennoiserie, ces pâtisseries viennoises dont fait partie le croissant 
1901 Apparition du composé croissant beurre
1930 Apparition du composé café croissant

Le genre grammatical de croissant est flexionnel : flexion zéro (-ø) du masculin sur un participe présent 
Sa finale est typique du masculin : ouverte (voyelle /-ɑ̃/) à l'oral, et démarquée (pas de -e) à l'écrit. 

En résumé 

Bien que la motivation de leur genre soit différente — étymologique et suffixale pour baguette, flexionnelle pour croissant — leur finale est caractéristique du genre français. 

Ces deux incontournables des boulangeries françaises sont donc des emblèmes culturels… mais aussi grammaticaux !

Sources : 

Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, Le Robert)
Portail lexical du CNRTL
Généroscope : base de donnée et application (© Ginette Chamart, 2025)
AI : ChatGPT (illustration) et Gemini 


 © Généroscope, Ginette Chamart, 2026 (Droits réservés)

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