La BAGUETTE et le CROISSANT,
icônes françaises de la culture… et du genre grammatical
une BAGUETTE de pain
Emprunté à l'italien bacchetta f. (petit bâton, small stick), du latin baculum (bâton), le mot baguette aurait subi l'influence de bague (anneau) pour le son /g/.
1510 Apparaît d'abord dans l'expression "à la baguette" (avec autorité)
1606 Prend le sens de petit bâton
1675 Apparition de "baguette magique"
1833 Apparition de "baguette de chef" (d'orchestre)
1892 Apparition de la "baguette de pain", un pain parisien long et mince
1892 Apparition de la "baguette de pain", un pain parisien long et mince
Le genre grammatical de baguette est étymologique (hérité de l'italien) et suffixal (diminutif féminin -ette sur base nominale)
Sa finale est typique du féminin : fermée (consonne /-t/) à l'oral, et marquée d'un -e à l'écrit.
un CROISSANT beurre
Croissant est le résultat de la nominalisation du participe présent du verbe croître (to increase)
1180 Désigne d'abord une période entre la nouvelle et la pleine lune qui s'opposait à la période inverse appelée décroissant m. (aujourd'hui disparus)
1223 Prend le sens de croissant de lune, partie éclairée de la lune au début et à la fin de son évolution
1674 Devient l'emblème de l'Empire turc et de la religion musulmane
En 1770, Marie Antoinette, Dauphine de France fraîchement arrivée d'Autriche, introduit à la cour cette pâtisserie faite à Vienne après la victoire sur les Turcs en 1683, sans lui donner alors de nom spécifique.
1850 Début de l'usage du mot croissant en pâtisserie, correspondrait à la traduction du nom allemand Hornchen (corne), l'allemand étant la langue parlée en Autriche.
1883 Apparition du mot viennoiserie, ces pâtisseries viennoises dont fait partie le croissant
1901 Apparition du composé croissant beurre
1930 Apparition du composé café croissant
Le genre grammatical de croissant est flexionnel : flexion zéro (-ø) du masculin sur un participe présent
Sa finale est typique du masculin : ouverte (voyelle /-ɑ̃/) à l'oral, et démarquée (pas de -e) à l'écrit.
En résumé
Bien que la motivation de leur genre soit différente — étymologique et suffixale pour baguette, flexionnelle pour croissant — leur finale est caractéristique du genre français.
Ces deux incontournables des boulangeries françaises sont donc des emblèmes culturels… mais aussi grammaticaux !
Sources :
Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, Le Robert)
Portail lexical du CNRTL
Portail lexical du CNRTL
Portail ATLIF : TLFI (Le Trésor de la Langue Française Informatisé)
Wiktionnaire, le dictionnaire libre
Dictionnaire de l'Académie française
Etymon on line
Wiktionnaire, le dictionnaire libre
Dictionnaire de l'Académie française
Etymon on line
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