06 janvier 2026

Doublets OIGNON m. et UNION f.


 L'explication réside dans le fait que le latin unio a suivi deux chemins différents selon le sens qu'il portait.

Oignon

Le nom de ce légume souligne sa structure unique, contrairement à l'ail qui se divise en gousses.

Étymon principal : unio, unionis (latin).

Genre de l'étymon : Masculin (le unio).

Sémantique : En latin, unio signifie « unité » ou « grosse perle unique ». Par analogie, il a désigné l'oignon car il ne possède qu'un seul bulbe (un seul « cœur »).

Évolution : Le terme populaire a remplacé le latin classique cepa. Il est devenu uignon en ancien français avant d'adopter sa graphie actuelle.

Le nom de ce légume souligne sa structure unique, contrairement à l'ail qui se divise en gousses.

Étymon principal : unio, unionis (latin).

Genre de l'étymon : Masculin (le unio).

Sémantique : En latin, unio signifie « unité » ou « grosse perle unique ». Par analogie, il a désigné l'oignon car il ne possède qu'un seul bulbe (un seul « cœur »).

Évolution : Le terme populaire a remplacé le latin classique cepa. Il est devenu uignon en ancien français avant d'adopter sa graphie actuelle.


1. Pourquoi unio était-il masculin en latin ?

En latin, le mot unio (dérivé de unus, "un") a deux sens principaux, et son genre a varié :


Le sens concret (Masculin) : Quand il désignait une "grosse perle unique" ou un "oignon" (un bulbe unique), il était masculin. C'est cet étymon masculin qui a donné notre oignon (masculin). On pense que le genre masculin a été maintenu pour souligner l'aspect individuel et concret de l'objet, ou par lien direct avec le genre de unus.


Le sens abstrait (Féminin en bas-latin) : Le mot a aussi désigné l'unité ou l'action d'unir.


2. Pourquoi "union" est-il devenu féminin en français ?

Le mot français "union" (l'acte de s'unir) n'est pas une évolution "populaire" du mot oignon, mais un emprunt plus savant au latin impérial et ecclésiastique.


En français, le passage du latin au français a créé une règle de "pression analogique" très forte :


En latin, la grande majorité des noms abstraits se terminant par le suffixe -io / -ionis étaient féminins (ratio -> la raison, natio -> la nation, religio -> la religion, actio -> l'action).


Même si unio était parfois masculin en latin classique, il a été "attiré" par le genre féminin de tous les autres mots en -ion lors de son passage en français.


En résumé (Description concise) :

Oignon est masculin car il est issu du mot concret unio (m.), qui a conservé son genre d'origine. Union est féminin par analogie avec la quasi-totalité des noms français en -ion issus de noms abstraits latins féminins.  


C'est un cas fascinant où un même mot latin s'est scindé en deux : l'un est resté masculin pour désigner un objet (l'oignon), l'autre est devenu féminin pour désigner un concept (l'union).


Hypothèse suffixe -on : 

un phénomène puissant en linguistique : l'analogie ou la remotivation sémantique.

S'il est établi que le -on de « oignon » vient phonétiquement du -onem latin (la terminaison de l'accusatif de unio), il est fort probable que les locuteurs francophones aient, consciemment ou non, associé cette terminaison au suffixe augmentatif ou diminutif français -on.

Voici pourquoi votre analyse tient la route :

1. La rencontre phonétique

En passant du latin au français, la terminaison -ionem est devenue -ion puis -on (avec mouillure du gn). À ce moment-là, la finale du mot a rencontré le suffixe français -on (issu du latin -o, -onis), qui sert à former des noms d'objets ou de personnes.

2. Le suffixe -on et le genre masculin

En français, le suffixe -on est massivement masculin lorsqu'il désigne des objets concrets :

Augmentatif : caisson, ballon, escarpon.

Diminutif : ânon, chaton, oisillon (variante).

Outils/Objets : piston, tison, bouchon.

Le fait que « oignon » se termine par ce son a renforcé son appartenance au genre masculin. L'oreille du locuteur français associe naturellement la finale en -on à un objet "mâle".

3. La structure "Radical + Suffixe"

Le cerveau humain cherche toujours à donner du sens aux morceaux de mots (c'est la remotivation).

Dans oignon, le radical est perçu comme lié à l'unité (un-).

La terminaison -on est perçue comme le suffixe nominal qui transforme la racine en un "objet rond et concret".


Comparaison avec d'autres légumes

On observe la même tendance pour d'autres végétaux où le -on final stabilise le masculin :

Poivron (de poivre + suffixe -on).

Potiron (origine incertaine, mais suffixe -on).

Champignon (de campania + suffixe -on).

Description concise

Oui, il y a eu une convergence entre la terminaison étymologique (-ionem) et le suffixe français -on, ce qui a verrouillé le genre masculin du mot.


Références :

1. Le Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi) confirme que, pour l'oignon, il détaille le passage du latin populaire unio (l'unité, la perle) au français uignon. Il explique également la distinction entre le sens concret (masculin) et le sens abstrait (féminin). Source : Site du CNRTL.

2. Le Robert - Dictionnaire Historique de la Langue Française (Alain Rey)

Alain Rey y explique très bien comment unio (m.) a désigné l'oignon par analogie avec la "grosse perle unique", par opposition à l'ail qui est multiple. Il y retrace aussi l'emprunt savant du mot "union" au latin chrétien.

3. Le Dictionnaire Étymologique de la Langue Latine (Ernout & Meillet) atteste que unio, -onis est un nom masculin en latin classique lorsqu'il désigne une perle de prix. Il documente le glissement sémantique vers l'oignon dans la langue rurale et populaire.

4. Le Dictionnaire Latin-Français (Gaffiot) confirme : Le genre masculin de l'étymon : « unio, onis, m. : union ; perle de grosseur remarquable ; sorte d'oignon qui n'a qu'un seul bulbe. »

5. Youtube


04 janvier 2026

Le genre des couleurs et des langues

                                    

COULEUR et LANGUE sont deux noms féminins ; on dit la couleur bleue et la langue française

Cependant, les noms désignant les couleurs et les langues sont masculins :  

Les couleurs le bleu, rouge, le jaune, le vert, le beige, le orange, le marron, le rose, le mauve, le violet, le noir, le blanc, le gris...

Les langues : le français, le russe, le chinois, le vietnamien, le tamoul, le coréen, le perse, le celte, le gaulois, le birman, le turc, le grec, l'arabe... 

Quelle en est la raison ?

Bleu et français sont issus de la classe grammaticale des adjectifs, et comme tels prennent le genre masculin par défaut (neutralisation du genre) lorsqu'ils sont substantivés (nominalisés). 

Il en va de même pour tout nom issu d'une autre classe grammaticale : le pouvoir, le dîner (infinitifs), le derrière, le pour et le contre (prépositions), un rien, le mal (adverbes), un accessoire, le liquide (adjectif), un mais (conjonction).


Doublets VOEU et VOTE masculins


"Vœu" et "Vote" descendent du même ancêtre : le nom neutre latin votum  

À l'origine, le votum désigne une promesse faite aux dieux. C'est un engagement solennel pour obtenir une faveur.

Le VOEU : l'évolution naturelle

Le mot vœu (masculin) est ce qu'on appelle un "doublet populaire". Il a traversé les siècles oralement, se transformant doucement : votum est devenu veu en ancien français, puis vœu

Il a gardé le sens spirituel et personnel : un souhait profond ou un engagement religieux.

Genre étymologique : les noms neutres latins sont devenus masculins en français

Le VOTE : le voyageur anglais

Le mot vote (masculin) est un "doublet savant". Il a été emprunté beaucoup plus tard (au XVIIIe siècle) à l'anglais vote, qui venait lui-même du latin votum

Ici, l'idée de "souhait" s'est déplacée vers le domaine politique : voter, c'est exprimer son vœu (sa volonté) lors d'un choix collectif.

Genre étymologique les noms neutres latins sont devenus masculins en français  

Genre neutralisé
En français, les emprunts à l'anglais d'origine anglosaxonne deviennent masculins par défaut, l'anglais n'ayant pas de genre grammatical (score, golf, match, badge, sport...), alors que les emprunts anglais d'origine latine ou ayant un suffixe familier (mixage, routine, aberration, déodorant...) retrouvent leur genre latin. 
Dans le cas de VOTE, il est difficile d'établir s'il est masculin parce qu'issu d'un neutre latin, ou pris pour un terme anglosaxon, au vu de sa forme monosyllabique typique de cette langue germanique.   

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POÈME masculin, mais CRÈME féminin



POÈME

Dans l'univers clos d'un vaste système

Où chaque pensée cherche son propre thème

L'esprit s'égare en un long théorème, 

Pour tenter de résoudre un ultime problème.

On y croise l'éclat d'un fier diadème

Porté par un roi au jour du baptême

Lui servant d'armure et de noble emblème 

Durant les rigueurs d'un austère carême.

Parfois l'on médite sur le chrysanthème

Fruit d'un hasard ou d'un noir stratagème

Contemplant l'effroi de ce phénomène, 

Qui fige la vie en un froid anathème.

Mais au milieu de ces mots savants masculins

Une figure s'avance, au charme commun 

Seule la crème, en sa grâce féminine

Vient adoucir cette rigueur masculine.

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