VOEU et VOTE, bien que descendant du même ancêtre latin,
sont entrés en français de manière bien différente.
À l'origine, le nom latin votum désigne une promesse faite aux dieux. C'est un engagement solennel pour obtenir une faveur.
Le VOEU : l'évolution naturelle
Le mot vœu (masculin) est ce qu'on appelle un "doublet populaire". Il a traversé les siècles oralement, se transformant doucement : votum est devenu veu en ancien français, puis vœu.
Il a gardé le sens spirituel et personnel : un souhait profond ou un engagement religieux.
Son genre est étymologique : les noms neutres latins sont devenus masculins en français.
Sa finale est typique du masculin français : ouverte (voyelle /
Le VOTE : le voyageur anglais
Le mot vote (masculin) est un "doublet savant". Il a été emprunté beaucoup plus tard (au XVIIIe siècle) à l'anglais vote, qui venait lui-même du latin votum.
Ici, l'idée de "souhait" s'est déplacée vers le domaine politique : voter, c'est exprimer son vœu (sa volonté) lors d'un choix collectif.
Genre étymologique : les noms neutres latins sont devenus masculins en français
Genre neutralisé ?
En français, les emprunts à l'anglais d'origine anglosaxonne deviennent masculins par défaut, l'anglais n'ayant pas de genre grammatical (score, golf, match, badge, sport...), alors que les emprunts anglais d'origine latine ou ayant un suffixe familier (mixage, routine, aberration, déodorant...) retrouvent leur genre latin.
Dans le cas de VOTE, il est difficile d'établir s'il est masculin parce qu'issu d'un neutre latin, ou pris pour un terme anglosaxon, au vu de sa forme monosyllabique typique de cette langue germanique.