31 janvier 2026

Dico du genre (A1) : de LIT à LIVRE

Généroscope, le dico des genres (A1)

Le genre de LIT, LITRE, LITTÉRATURE, LIVRAISON, LIVRE


Le GENRE d'un nom peut venir de son origine (l'étymologie), de son suffixe (la morphologie), de sa signification (la sémantique) et/ou d'une association/analogie.

Le GENRE est indiqué aux locuteurs par des indices (pas toujours présents) :

1- internes : la terminaison
        Elle sert de stimuli déclencheur du réflexe de genre
            -finale ouverte (vocalique) ou fermée (consonantique) à l'oral
            -finale marquée (marque -e) ou démarquée (marque zéro -ø) à l'écrit

2- externes / contextuels : les articles, les pronoms, les marques d'accords.      

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LIT m. /li/ bed  (11e siècle)

Glose : lit  
Genre hérité du latin lectus m. (lit)  - (genre étymologique)

Finale ouverte /-iet marque zéro (-ø), typique du masculin
Déterminants : un, de, le, ce, mon/ton/son, du, au
    
Cognats romans : italien letto m.

LITRE m. /litʀ/ liter/litre   (18e siècle)

Glose : litron (révisé)
Genre hérité du moyen français litron m. (capacité égale au seizième du boisseau : 0,813 litre), à partir duquel a été formé litre par régression - (genre morphologique)
Genre masculin de la famille générique des [unités de mesures]m. - (genre générique)

Finale fermée /-tʀ/ avec -e orthographique de soutien au groupe consonantique final
Déterminants : un, de, le, ce, mon/ton/son, du, au

Cognats romans : italien / espagnol / portugais litro m.

LITTÉRATURE f. /li.te.ʀa.tyʀ/ literature   (12e siècle)

Glose : Résultat d'être lettré, érudition  
Genre hérité du latin litteratura f. (écriture, philologie ; érudition), de litteratus (lettré) - (genre étymologique)
Genre du suffixe résultatif -ure f. sur base de l'adjectif latin litér-at- (lettré) - (genre morphologique)

Finale fermée /-ʀ/ marquée (-e), typique du féminin
Déterminants : une, de, la, cette, ma/ta/sa 

Cognats romans : italien letteratura f., espagnol / portugais literatura f.

LIVRAISON f. /li.vʀe.zõ/ shelter   (13e siècle)

Glose : action ou le résultat de livrer
Genre du suffixe actionnel -ion, -aison f. sur base du verbe livr-er
    
Finale ouverte /-õ/ et marque zéro (-ø), atypique du féminin
Déterminants : une, de, la, cette, ma/ta/sa

Cognats romans : - 

LIVRE m. /livʀ/ book (12e siècle)  

Glose : liber
Genre hérité du latin liber m. (liber, partie vivante de l'écorse de l'arbre sur laquelle on écrivait) - (genre étymologique)
Genre masculin de la famille générique des [recueils, objets reliés]m. - (genre générique)

Finale fermée /-vʀ/ avec -e orthographique de soutien au groupe consonantique final
Déterminants : un, de, le, ce, mon/ton/son, du, au

Cognats romans : italien / espagnol libro m., portugais livro m.

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Sources : 

Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, Le Robert)
Portail lexical du CNRTL
Généroscope : dictionnaire et application (© 2025 Ginette Chamart)
AI : ChatGPT (illustration) et Gemini 

 © Blog Généroscope 2025 Ginette Chamart (Droits réservés)

Dico du genre (A1) : de CAMPING m. à CANTINE f.

Généroscope, le Dico du genre (A1) :

le genre de CAMPING, CANAPÉ, CANARD, CANICHE, CANTINE



Le GENRE d'un nom peut venir de son origine (l'étymologie), de son suffixe (la morphologie), de sa signification (la sémantique) et/ou d'une association/analogie.
Le GENRE est indiqué aux locuteurs par des indices :

1- internes : la terminaison
        Elle sert de stimuli déclencheur du réflexe de genre
            -finale ouverte (vocalique) ou fermée (consonantique) à l'oral
            -finale marquée (marque -e) ou démarquée (marque zéro -ø) à l'écrit

2- externes ou contextuels : les articles, les pronoms, les marques d'accords.      

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CAMPING m. /kɑ̃-piŋ/ camp site/camping  (19e siècle)

Glose : action de camper
Genre masculin par défaut de l'emprunt à l'anglais camping (genre neutralisé) 
Genre du suffixe -ing masculin en français sur la base du verbe camp-er (genre morphologique)

Finale typique du masculin (marque zéro -ø) de manière fortuite
Déterminants : un, de, le, ce, mon/ton/son, du, au
    
Cognats romans : italien campeggio m., espagnol/portugais camping m. 

CANAPÉ m. /ka-na-pe/ sofa   (17e siècle)

Glose : lit avec moustiquaire
Genre hérité du latin conopeum nt. (lit avec moustiquaire), du grec kônôpeîon  nt.(moustiquaire), de kốnôps (moustique) - (genre étymologique)

Finale ouverte /-eavec marque zéro (-ø), typique du masculin
Déterminants : un, de, le, ce, mon/ton/son, du, au

Cognats romans : -

CANARD m.  /ka-naʀ/ duck   (12e siècle)

Glose : un "coin-coin"
Genre du suffixe -ard m. sur base de l'ancien verbe can-er (caqueter) onomatopéique - (genre morphologique)

Finale avec marque zéro (-ø), typique du masculin
Déterminants :  un, de, le, ce, mon/ton/son, du, au 

Cognats romans : -

CANICHE m. /ka-niʃ/ poodle   (18e siècle)

Glose : chien caniche
Genre du nom [chien m.] sous-entendu dans "chien caniche" - (genre générique)   

Finale fermée /-ʃ/ et marquée (-e), atypique du masculin
Déterminants : un, de, le, ce, mon/ton/son, du, au

Remarque : caniche, féminin quand il désignait la femelle du barbet, dérive du mot cane avec le suffixe -iche f., ce chien aimant barboter comme les canards. 

Cognats romans : espagnol/portugais caniche m. 

CANTINE m. /kã-tin/ canteen/cafeteria (17e siècle)  

Glose : petit coin à l'écart
Genre emprunté à l'italien cantina f. (cave, cellier), de canto coin (latin cuneus) - (genre étymologique)
Genre du suffixe diminutif -ine f. sur nom italien cant- (coin)  - (genre morphologique)

Finale fermée /-n/ et marquée (-e), typique du féminin
Déterminants : une, de, la, cette, ma/ta/sa

Cognats romans : italien / espagnol / portugais cantina f.

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Sources : 

Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, Le Robert)
Portail lexical du CNRTL
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AI : ChatGPT (illustration) et Gemini 


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30 janvier 2026

Dico du genre (A1) : de ABEILLE f. à ABRICOT m.

Les 6 premières entrées du Dico des genres (A1)

Le genre de ABRICOT, ABEILLE, ABRI, ABRIBUS, ABONNEMENT, ABREVIATION


Le GENRE d'un nom peut venir de son origine (l'étymologie), de son suffixe (la morphologie), de sa signification (la sémantique) et/ou d'une association/analogie.
Le GENRE est indiqué aux locuteurs par des indices :

1- internes : la terminaison
        Elle sert de stimuli déclencheur du réflexe de genre
            -finale ouverte (vocalique) ou fermée (consonantique) à l'oral
            -finale marquée (marque -e) ou démarquée (marque zéro -ø) à l'écrit

2- externes / contextuels : les articles, les pronoms, les marques d'accords.      

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ABEILLE f. /a.bɛj/ bee  (14e siècle)

Glose : Petite abeille  
Genre hérité du provençal abelha f., du latin apicula f. petite abeille (suffixe diminutif -cula) - (genre étymologique) 
Genre du suffixe diminutif -eille f. sur le nom latin apis f. (abeille) - (genre morphologique)

Finale fermée /-j/ et marquée (-e), typique du féminin
Déterminants : une, d', l', cette, mon/ton/son
    
Cognats romansitalien ape f., espagnol abeja f., portugais abelha f.

ABONNEMENT m. /a.bɔn.mɑ̃/ subscription   (13e siècle)

Glose : Action ou résultat de (s')abonner
Genre du suffixe actionnel -ement m. sur base du verbe abonn-er  (genre morphologique)

Finale ouverte /-ɑ̃et marque zéro (-ø), typique du masculin
Déterminants : un, d', l', cet, mon/ton/son

Cognats romans : italien abonnamento m., espagnol/portugais abono m., roumain/catalan abonament m.

ABRÉVIATION f. /a.bʀe.via.sjõ/ abbreviation   (14e siècle)

Glose : Action ou résultat d'abréger (rendre bref, -ve)
Genre hérité du latin abbreviatio, onis  f., de abbreviare (rendre bref) -  (genre étymologique)
Genre du suffixe actionnel -ion f. sur base du verbe abrévi-at- (abréger) -  (genre morphologique)

Finale ouverte /-õ/ et marque zéro (-ø), atypique du féminin
Déterminants : une, d', l', cette, mon/ton/son 

Cognats romans : italien abbreviazione f., portugais abreviação f.

ABRI m. /a.bʀi/ shelter   (12e siècle)

Glose : Lieu pour (s')abriter
Genre du suffixe zéro -ø m. sur base du verbe abri(t)-er (déverbal)  (genre morphologique)
    
Finale ouverte /-i/ et marque zéro (-ø), typique du masculin
Déterminants : un, d', l', cet, mon/ton/son
  
Remarque : contrairement aux autres déverbaux (récit, débit...), abri n'a pas gardé de -t 

Cognats romans : espagnol/portugais abrigo m., occitan/catalan abric m. 

ABRIBUS m. /a.bʀi.bys/ bus shelter (20e siècle)  

Glose : Abri (pour attendre le) bus
Genre du nom abri m., tête de ce composé (un abribus est un type d'abri) - (genre analogique)

Finale (de abri) ouverte /-i/ et marque zéro (-ø), typique du masculin
Déterminants : un, d', l', cet, mon/ton/son

Cognats romans : portugais abrigo de autocar m., occitan abrig de bus m.

ABRICOT m. /a.bʀi.ko/ apricot  (16e siècle)

Glose : (Fruit) précoce
Genre hérité de l'espagnol albaricoque m., de l’arabe al-barqûq m., du latin praecoquum adj. (fruit) précoce -  (genre étymologique)

Finale ouverte /-o/ et marque zéro (-ø), typique du masculin
Déterminants : un, d', l', cet, mon/ton/son
    
Remarque : Les noms de fruits de table français sont traditionnellement féminins

Cognats romans : espagnol albaricoque m., catalan albercoc m., portugais alperce m. (damasco m., plus courant), occitan abricòt m.; italien albicocca f.

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Sources : 

Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, Le Robert)
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27 janvier 2026

Homonymes : La TOUR f. et le TOUR m.

La TOUR Eiffel et le TOUR de France 
 icônes françaises de la culture… mais pas du genre grammatical 😢



Une TOUR  
(una torreen italien et en espagnol ; a tower en anglais)

Issu du latin turis f. (tour), le français tour apparaît à l'écrit en 1080 sous la forme tur

Il est cantonné au domaine militaire (tour de garde) jusqu'au 16e siècle.
 
À partir du 18ᵉ siècle, tour se spécialise dans des emplois techniques, évolution qui culmine avec la construction de la tour Eiffel (1888-1889).


Au 20ᵉ siècle, tour va remplacer progressivement les anglicismes gratte-ciel m. et building m. pour désigner des batiments d'habitations ou de bureaux de très grande taille.

Le genre féminin de tour est étymologique (hérité du latin) 
Sa finale démarquée (sans -e) est atypique du féminin français. 
 
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un TOUR 
(a turn en anglais)

Tour est le déverbal de tour(n)er (suffixe zéro -ø masculin).

Il apparaît à l'écrit en 1080 sous la forme tor et désigne à l'époque un volte-face, un tour sur soi, donnant des expressions comme tour de main, tour de bras, tour de rein...

Au fils du temps, tour a pris plusieurs nuances, et participé à la construction de nombreuses expressions : 
-Circonférence : tour de poitrine, tour des yeux, faire le tour
-Fois, moment de faire : tour de parole, chacun son tourà tour de rôle, attendre son tour
-Coup habile : jouer un mauvais tour, un tour de passe-passe
-Promenade : faire un tour

1903 marque la date du premier Tour de France, course cycliste qui deviendra mytique.


Tour n'est pas seul, il est entouré d'autres déverbaux comme lui : retour (de retourner), contour (de contourner), détour (de détourner), pourtour (de portorner).

Le genre masculin de tourbien que cela ne se voit pas, est suffixal (morphologique).
Sa finale démarquée (sans -e) est typique du masculin

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En résumé 

Bien que formellement identiques, tour f. et tour m. relèvent d’origines distinctes, et la motivation de leur genre grammatical diffère : elle est étymologique pour tour f., et suffixale pour tour m. 

Cette homonymie ne s’arrête pas à la linguistique, mais se prolonge dans le champ culturel à travers la Tour Eiffel et le Tour de France, deux des emblèmes nationaux les plus médiatisés à l’échelle internationale. Décidément, les deux-là n'ont pas fini de nous jouer des tours.

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Sources

Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, Le Robert)
Portail lexical du CNRTL
Généroscope : dictionnaire et application (© 2025 Ginette Chamart)
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une BAGUETTE de pain et un CROISSANT beurre

La BAGUETTE et le CROISSANT
 icônes françaises de la culture… et du genre grammatical


une BAGUETTE de pain 

Emprunté à l'italien bacchetta f. (petit bâton, small stick), du latin baculum (bâton), le mot baguette aurait subi l'influence de bague (anneau) pour le son /g/.

1510 Apparaît d'abord dans l'expression "à la baguette" (avec autorité)
1606 Prend le sens de petit bâton 
1675 Apparition de "baguette magique"
1833 Apparition de "baguette de chef" (d'orchestre)
1892 Apparition de la 
"baguette de pain", un pain parisien long et mince   

Le genre grammatical de baguette est étymologique (hérité de l'italien) et suffixal (diminutif féminin -ette sur base nominale)
Sa finale est typique du féminin : fermée (consonne /-t/) à l'oral, et marquée d'un -e à l'écrit. 
  

23 janvier 2026

Doublets VOILE m. et VOILE f.

Pourquoi dit-on un voile de mariée mais une voile de bateau 
alors que les deux noms viennent du même étymon neutre latin ?

En latin, il y avait trois genres : masculin, féminin et neutre. Les neutres latins ont été redistribués entre le masculin et le féminin en français. Certe, une large majorité sont devenus masculins, mais un nombre non négligeable de neutres pluriels est devenu féminin.

    VOILE m. et VOILE f. sont une bonne illustration de cette redistribution des neutres latins.
(voir également : verre et vitre)

20 janvier 2026

Doublets ONION m. et UNION f.

Pourquoi dit-on un OIGNON, mais une UNION
alors que ces deux noms viennent du même nom masculin latin ?
 

1. OIGNON m. /ɔnjõ/

Oignon vient du latin ūniō, -ōnis m., dérivé de ūnus « un, unique », qui désignait originellement une « grosse perle unique ». Par analogie, le terme a été transféré à un végétal constitué d’un bulbe unique, l'oignon, qui contrairement à l’ail ne se segmente pas en gousses

La finale, ouverte /õ/ non marquée, est cohérante avec le genre masculin.

2. UNION f. /ynjõ/

Union vient également du latin ūniō, -ōnis m., mais pour des raisons sémantiques et analogiques est devenu féminin. En effet, le mot français "union" a pris le sens de "acte de s'unir" par analogie avec la quasi-totalité des noms français en -ion issus de noms abstraits latins féminins. Normalement le suffixe actionnel féminin -ion s'adjoint au radical d'un verbe (expliquer > explication). Union est devenu, par la force des choses, un dérivé du verbe unir.

La finale, ouverte /õ/ non marquée, n'est pas cohérante avec le genre féminin.