15 juin 2024

Genre des composés savants en -sphère

Les composés savants en -sphère avec une ligature en -o- (Grec) sont féminins à l’image de leur base sphère f. qui signifie ici couche sphérique / enveloppe / espace ou ensemble de...

atmOsphère f. - couche gazeuse chargée de vapeur qui entoure le globe terrestre

tropOsphère f. - couche de l'atmosphère terrestre dans laquelle la température décroît assez régulièrement avec l'altitude.

stratOsphère f. - couche de l'atmosphère située entre la troposphère (6 à 17 km d'altitude) et la mésosphère (50 km d'altitude).

mésOsphère f. - couche de l'atmosphère au-delà de la stratosphère.

thermOsphère f. - couche atmosphérique où la température croît continuellement avec l'altitude.

homOsphère f. - couche de l'atmosphère à composition presque constante

hétérOsphère f. - couche de l'atmosphère à composition variable

ionOsphère f. - couche de l'atmosphère dans laquelle ions et électrons ont une densité suffisante pour réfléchir les ondes électromagnétiques

exOsphère f. - couche atmosphérique ou les atomes légers s'évadent vers l'espace interplanétaire (Larousse)

photOsphère f. - couche extérieure d'une étoile qui fournit la majeure partie du rayonnement lumineux et calorique

lithOsphère f. - enveloppe rocheuse constituant la croûte terrestre

magnétOsphère f. - couche terrestre qui concentre son champ magnétique

biOsphère f. - couche géochimique constituée par la masse organique des êtres vivants


Néologismes

blogOsphère f. - ensemble des blogs et/ou des blogueurs.

noOsphère f. - ensemble des consciences humaines et de leurs pensées.

fachOsphère f. - ensemble des sites, blogs, activités de réseaux sociaux venant de l'extrême droite.

Hémisphère et planisphère sont eux masculins. Leurs deux membres sont reliés par un -i- (Latin). Leur base sphère prend alors le sens de GLOBE m. et non pas de COUCHE f. sphérique.

hémisphère m. - moitié du Globe ou du cerveau - du latin hēmisphaerĭum, ĭi, n.

planisphère m. - représentation plane du Globe ou du Ciel – construit sur le modèle de hémisphère


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CNRTL / Prima-elementa / Wiktionnaire

07 mai 2024

Suffixes et genres : cas du suffixe féminin -aison

  • C'est un allomorphe (une variation) du suffixe actionnel -ion f. D'autres formes sont : trahison, chanson, cuisson) et -on derrière un C (leçon, rançon, façon)
  • Il fait partie des 3 suffixes féminins français non marqués d'un –e final (-ion/-(a)ison; -eur ; -ité
  • Il n’est plus très productif et a été remplacé par la forme -ion
  • Sa famille comprend des emprunts directs au latin (maison, raison, saisonou des dérivés verbaux (livraisonou nominaux (siglaison)

  • Cette famille de dérivés admet 3 exceptions : soupçon m. - poison m. - frisson m., doublets masculins respectifs de suspicion f., potion f. et friction f.

ATTENTION à ne pas confondre les dérivés du suffixe -(ai)son avec ceux du suffixe masculin -on désignant des objets : glaçon, chausson...



06 mai 2024

Genre des composés en -GRAPHE

Les noms savants composés de la racine grecque
γράφειν graphein «écrire, décrire» sont masculins du fait de leur forme verbale d'origine : (inanimés)
phonographe, cinématographe, autographe, paragraphe, stylographe, oscillographe; (animés génériques) océanographe, chorégraphe, photographe, ethnographe...

Orthographe, seul nom féminin de la famille des composés savants en GRAPHE, est en concurrence avec le doublet
orthographie, terme d'
architecture (profil d'un bâtiment). Ces deux substantifs féminins résultent du même terme latin
  • orthographia, ae, f.
    , lui même emprunté au grec ορθογραφία, ayant également ces deux sens :
    • ortografie avec le sens de «manière d'écrire correcte» est attestée en français dès 1245, et sa forme moderne orthographe, plus tardive, est attestée en 1529.
    • orthographie, terme d'architecture, est attesté depuis 1547.

    23 septembre 2015

    Le genre masculin des saisons


    En français, le mot saison est féminin :

    👉 la saison des pluies, la demi-saison, la saison des châtaignes.

    Parcontre, les noms des quatre saisons - printemps, été, automne, hiver  -  est masculin


    📚 Saison, un mot qui vient de l'agriculture

    Le mot saison vient du latin satiōnem, forme accusative de satiō f., qui désigne l’action de semer. Il entre en français au XIIe siècle, à une époque où le rythme de la vie agricole structure profondément la langue. Le suffixe -(ai)son, que l’on retrouve dans maison, raison ou terminaison, est une forme (allomorphe) plus archaïque du suffixe féminin -ion, généralement associés à des noms abstraits d’action ou de résultat de cette action. C'est le suffixe qui explique le genre féminin du mot saison.


    🌤 Des saisons masculines

    Le nom des quatre saisons que nous connaissons en Europe  - printemps, été, automne, hiver  - sont tous de genre masculin, mais chacun pour une raison différente :

    • Un printemps (XIIe siècle) "premier temps (de l’année)" : 
    Le genre de printemps est le plus simple à reconnaître puisqu'il est formé sur  prin-(premier) et temps m. Printemps est un nom composé qui doit son genre à son noyau masculin temps. 
    • Un hiver (XIe siècle) "temps hivernal" : 

    Le genre de hiver découle également de celui de temps, mais d'une manière plus indirecte. Hiver est issu d'une ellipse du groupe nominal latin hibernum tempus nt. (temps hivernal).  Hiver était donc à l'origine un adjectif. 
    Comme la plupart des neutres du latin entrés en français, tempus est devenu masculin en français.
    • Un automne (XIIIe siècle) : 
    Le genre masculin de automne est un autre exemple de neutres latins devenus masculins en français : autumnus ou automnus nt. de même sens.  La présence d'un e final remplaçant la terminaison latine -us est orthographique (conservation du son /n/). 
    • Un été (XIe siècle) : 

    Le genre masculin de été est le plus inattendu puisqu'il ne correspond pas à celui de son étymon latin aestās, aestātis f. de même sens. Malgré son origine féminine, le mot devient masculin en français, peut-être par analogie avec le genre de temps m. 
    (Note : Le lien avec les dérivés du suffixe féminin -ātis qui a donné -ité en français ne semble pas avéré, aestas ayant une base verbale et non adjectivale comme les dérivés en -ātis) 

    👉 Résumé : Les noms des saisons sont logiquement masculins à part celui de été

    Du point de vue des critères de motivation du genre, nous classons ces noms dans la catégorie genre générique ou sémantique (genre du référé/concept), noté comme suit : [saisons]m. : printemps, été, automne, hiver 


    🌧 Et la mousson, dans tout ça ?

    La mousson désigne une saison tropicale, marquée par de fortes pluies. 

    Le mot entre en français au XVIe siècle par le portugais monção f., lui-même de l’arabe mawsim m., saison, moment fixé, via le néerlandais monssoen m.

    Le genre féminin du portugais semble être dû à une association avec le genre des dérivés en -ção (condição, informação, etc.) suffixe féminin équivalent du français -ion f. ou de sa forme archaïque -aison comme dans... et oui ! ...saisonLa boucle est ainsi bouclée !

    20 septembre 2015

    FAÇON vs. GLAÇON

    "la façon" et "le glaçon" possèdent la même terminaison -çon mais ne sont pas du même GENRE. Quelle en est donc la raison ?


    Malgré leur similitude, ces deux noms ne font pas partie de la même famille de dérivés.

    Alors que "façon" appartient à la famille des noms ABSTRAITS dérivés du suffixe FEMININ -ion (base verbale : faire) au côté de "chanson(chanter), livraison(livrer) ou invention(inventer)", "glaçon" appartient, lui, à la famille des noms CONCRETS dérivés du suffixe MASCULIN -on (base nominale : glace) au côté de "ballon(balle), blouson(blouse) ou caisson(caisse)".







    Genre des noms de langue

    Pourquoi les noms de langues sont-ils masculins en français ?

    En français, les noms désignant les langues (le français, le russe, le chinois, le provençal, le corse, etc.) sont systématiquement de genre masculin, alors même que l’on emploie parallèlement des syntagmes comme la langue française, la langue russe ou la langue bretonne. Cette apparente contradiction s’explique par un mécanisme morphosyntaxique bien identifié.

    La raison tient au fait que ces mots n’étaient pas des noms à l’origine, mais des adjectifs qualificatifs. Leur emploi comme noms résulte d’un processus de conversion grammaticale, par lequel une forme adjectivale est utilisée sans modification formelle comme substantif.

    Or, en français, le masculin constitue le genre par défaut lors de la substantivation de formes non nominales et non fléchies pour le genre. Ce principe s’applique de manière générale aux adjectifs, aux infinitifs verbaux, aux adverbes ou encore aux locutions lorsqu’ils accèdent au statut nominal. Ainsi, on dira un sourire (issu du verbe sourire), un ensemble (issu de l’adverbe), un liquide (issu de l’adjectif), ou encore un face-à-face (issu d’une locution).

    Les noms de langues obéissent exactement à ce même principe : français, russe ou chinois, devenus substantifs par conversion, héritent mécaniquement du genre masculin, indépendamment du genre du nom sous-entendu langue, qui demeure, quant à lui, féminin.



    Quel genre de bonheur ?


    Le suffixe féminin -eur forme des noms à partir d'ADJECTIFS : 

    la grandeur (grande), la blancheur (blanche), la lenteur (lente), la fraîcheur (fraîche), la pâleur (pâle), la douceur (douce)... 

    Et bonheur alors ? Il se termine par -eur et comprend l'adjectif bonPourquoi est-il masculin ? 

    bonheur et malheur ne sont pas des dérivés du suffixe -eur mais des noms composés à partir de BON/MAL et du nom masculin HEUR qui signifie destin/chance. 

     
    HEUR est aussi utilisé dans l'expression "avoir l'heur de" qui signifie "avoir la chance de" ou "avoir l'air de". https://www.cnrtl.fr/definition/heur
    "Sa dernière initiative n'a pas eu l'heur de plaire à son chef."

    L'adjectif HEUREUX en est un des dérivés.