alors que les deux noms viennent du même étymon neutre latin ?
23 janvier 2026
Doublets VOILE m. et VOILE f.
alors que les deux noms viennent du même étymon neutre latin ?
04 janvier 2026
Doublets VOEU et VOTE masculins
Le mot vœu (masculin) est ce qu'on appelle un "doublet populaire". Il a traversé les siècles oralement, se transformant doucement : votum est devenu vot, vou, veu en ancien français, puis vœu au 17e siècle.
Le mot vote (masculin) est un doublet savant. Il a été emprunté au 18e siècle à l'anglais vote, qui vient également du latin votum. Sa forme en -e pour remplacer la finale -um du latin est de style orthographique français (forme savante).
Sources :
Portail lexical du CNRTL
Wiktionnaire, le dictionnaire libre
Dictionnaire de l'Académie française
Etymon on line
25 décembre 2025
Doublets VERRE m. et VITRE f.
En résumé
18 octobre 2025
26 juillet 2025
Le français NUAGE m. - l'espagnol NUBE f.
L'espagnol NUBE f. correspond étymologiquement au français NUE f., sa forme sœur. Tous deux descendent du latin nūbēs, nūbis, nom féminin signifiant "nuage" ou "nuée".
L'espagnol NUBE f. est attesté dès le 13ᵉ siècle.
Le français NUE f. apparaît dans les textes au début du 12ᵉ. Ce mot est aujourd’hui vieilli, mais subsiste dans des expressions comme tomber des nues ou porter aux nues.
L'apparition du nuage français
Le contraste de genre apparent aujourd’hui ne vient pas d’un désaccord entre les langues, mais d’un développement ultérieur propre au français.
Dès la fin du 12ᵉ siècle, le français crée à partir de NUE f. le dérivé NUÉE f. à l'aide du suffixe féminin -ée f., signifiant "amas de nuages" ou "gros nuage". Il appartient aujourd'hui à une langue assez soutenue : Une nuée sombre couvrait le ciel.
Au 16ᵉ siècle, apparaît NUAGE, un autre dérivé de NUE f. mais construit cette fois avec le suffixe collectif masculin –age (comme dans feuillage ou village). NUAGE, qui signifiait à l'origine "ensemble de nues" a remplacé ce dernier pour désigner toute formation de vapeur d'eau dans le ciel.
Le NUAGE français résulte donc de l'ajout d'un suffixe masculin.
Plutôt que refléter une variation capricieuse du genre, le cas du français NUAGE et de l'espagnol NUBE révèle la stabilité des héritages étymologiques et la régularité des processus de dérivation des langues latines.
Le genre grammatical n’est pas arbitraire : il est construit, transmis, ou reconfiguré selon les formes, les suffixes et l’histoire lexicale des mots et des langues.