L'explication réside dans le fait que le latin unio a suivi deux chemins différents selon le sens qu'il portait.
Oignon
Le nom de ce légume souligne sa structure unique, contrairement à l'ail qui se divise en gousses.
Étymon principal : unio, unionis (latin).
Genre de l'étymon : Masculin (le unio).
Sémantique : En latin, unio signifie « unité » ou « grosse perle unique ». Par analogie, il a désigné l'oignon car il ne possède qu'un seul bulbe (un seul « cœur »).
Évolution : Le terme populaire a remplacé le latin classique cepa. Il est devenu uignon en ancien français avant d'adopter sa graphie actuelle.
Le nom de ce légume souligne sa structure unique, contrairement à l'ail qui se divise en gousses.
Étymon principal : unio, unionis (latin).
Genre de l'étymon : Masculin (le unio).
Sémantique : En latin, unio signifie « unité » ou « grosse perle unique ». Par analogie, il a désigné l'oignon car il ne possède qu'un seul bulbe (un seul « cœur »).
Évolution : Le terme populaire a remplacé le latin classique cepa. Il est devenu uignon en ancien français avant d'adopter sa graphie actuelle.
1. Pourquoi unio était-il masculin en latin ?
En latin, le mot unio (dérivé de unus, "un") a deux sens principaux, et son genre a varié :
Le sens concret (Masculin) : Quand il désignait une "grosse perle unique" ou un "oignon" (un bulbe unique), il était masculin. C'est cet étymon masculin qui a donné notre oignon (masculin). On pense que le genre masculin a été maintenu pour souligner l'aspect individuel et concret de l'objet, ou par lien direct avec le genre de unus.
Le sens abstrait (Féminin en bas-latin) : Le mot a aussi désigné l'unité ou l'action d'unir.
2. Pourquoi "union" est-il devenu féminin en français ?
Le mot français "union" (l'acte de s'unir) n'est pas une évolution "populaire" du mot oignon, mais un emprunt plus savant au latin impérial et ecclésiastique.
En français, le passage du latin au français a créé une règle de "pression analogique" très forte :
En latin, la grande majorité des noms abstraits se terminant par le suffixe -io / -ionis étaient féminins (ratio -> la raison, natio -> la nation, religio -> la religion, actio -> l'action).
Même si unio était parfois masculin en latin classique, il a été "attiré" par le genre féminin de tous les autres mots en -ion lors de son passage en français.
En résumé (Description concise) :
Oignon est masculin car il est issu du mot concret unio (m.), qui a conservé son genre d'origine. Union est féminin par analogie avec la quasi-totalité des noms français en -ion issus de noms abstraits latins féminins.
C'est un cas fascinant où un même mot latin s'est scindé en deux : l'un est resté masculin pour désigner un objet (l'oignon), l'autre est devenu féminin pour désigner un concept (l'union).
Hypothèse suffixe -on :
un phénomène puissant en linguistique : l'analogie ou la remotivation sémantique.
S'il est établi que le -on de « oignon » vient phonétiquement du -onem latin (la terminaison de l'accusatif de unio), il est fort probable que les locuteurs francophones aient, consciemment ou non, associé cette terminaison au suffixe augmentatif ou diminutif français -on.
Voici pourquoi votre analyse tient la route :
1. La rencontre phonétique
En passant du latin au français, la terminaison -ionem est devenue -ion puis -on (avec mouillure du gn). À ce moment-là, la finale du mot a rencontré le suffixe français -on (issu du latin -o, -onis), qui sert à former des noms d'objets ou de personnes.
2. Le suffixe -on et le genre masculin
En français, le suffixe -on est massivement masculin lorsqu'il désigne des objets concrets :
Augmentatif : caisson, ballon, escarpon.
Diminutif : ânon, chaton, oisillon (variante).
Outils/Objets : piston, tison, bouchon.
Le fait que « oignon » se termine par ce son a renforcé son appartenance au genre masculin. L'oreille du locuteur français associe naturellement la finale en -on à un objet "mâle".
3. La structure "Radical + Suffixe"
Le cerveau humain cherche toujours à donner du sens aux morceaux de mots (c'est la remotivation).
Dans oignon, le radical est perçu comme lié à l'unité (un-).
La terminaison -on est perçue comme le suffixe nominal qui transforme la racine en un "objet rond et concret".
Comparaison avec d'autres légumes
On observe la même tendance pour d'autres végétaux où le -on final stabilise le masculin :
Poivron (de poivre + suffixe -on).
Potiron (origine incertaine, mais suffixe -on).
Champignon (de campania + suffixe -on).
Description concise
Oui, il y a eu une convergence entre la terminaison étymologique (-ionem) et le suffixe français -on, ce qui a verrouillé le genre masculin du mot.
Références :
1. Le Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi) confirme que, pour l'oignon, il détaille le passage du latin populaire unio (l'unité, la perle) au français uignon. Il explique également la distinction entre le sens concret (masculin) et le sens abstrait (féminin). Source : Site du CNRTL.
2. Le Robert - Dictionnaire Historique de la Langue Française (Alain Rey)
Alain Rey y explique très bien comment unio (m.) a désigné l'oignon par analogie avec la "grosse perle unique", par opposition à l'ail qui est multiple. Il y retrace aussi l'emprunt savant du mot "union" au latin chrétien.
3. Le Dictionnaire Étymologique de la Langue Latine (Ernout & Meillet) atteste que unio, -onis est un nom masculin en latin classique lorsqu'il désigne une perle de prix. Il documente le glissement sémantique vers l'oignon dans la langue rurale et populaire.
4. Le Dictionnaire Latin-Français (Gaffiot) confirme : Le genre masculin de l'étymon : « unio, onis, m. : union ; perle de grosseur remarquable ; sorte d'oignon qui n'a qu'un seul bulbe. »
5. Youtube
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