alors que les deux noms viennent du même étymon neutre latin ?
Généroscope
Le genre des noms français
23 janvier 2026
Doublets VOILE m. et VOILE f.
alors que les deux noms viennent du même étymon neutre latin ?
20 janvier 2026
Doublets ONION m. et UNION f.
04 janvier 2026
Le genre des couleurs et des langues
COULEUR et LANGUE sont deux noms féminins ; on dit la couleur bleue et la langue française.
Cependant, les noms désignant les couleurs et les langues sont masculins :
Les couleurs : le bleu, rouge, le jaune, le vert, le beige, le orange, le marron, le rose, le mauve, le violet, le noir, le blanc, le gris...
Les langues : le français, le russe, le chinois, le vietnamien, le tamoul, le coréen, le perse, le celte, le gaulois, le birman, le turc, le grec, l'arabe...
Quelle en est la raison ?
Bleu et français sont issus de la classe grammaticale des adjectifs, et comme tels prennent le genre masculin par défaut (neutralisation du genre) lorsqu'ils sont substantivés (nominalisés).
Il en va de même pour tout nom issu d'une autre classe grammaticale : le pouvoir, le dîner (infinitifs), le derrière, le pour et le contre (prépositions), un rien, le mal (adverbes), un accessoire, le liquide (adjectif), un mais (conjonction).
Doublets VOEU et VOTE masculins
Le mot vœu (masculin) est ce qu'on appelle un "doublet populaire". Il a traversé les siècles oralement, se transformant doucement : votum est devenu veu en ancien français, puis vœu.
Le mot vote (masculin) est un "doublet savant". Il a été emprunté beaucoup plus tard (au XVIIIe siècle) à l'anglais vote, qui venait lui-même du latin votum.
POÈME masculin, mais CRÈME féminin
POÈME
Dans l'univers clos d'un vaste système,
Où chaque pensée cherche son propre thème,
L'esprit s'égare en un long théorème,
Pour tenter de résoudre un ultime problème.
On y croise l'éclat d'un fier diadème,
Porté par un roi au jour du baptême,
Lui servant d'armure et de noble emblème,
Durant les rigueurs d'un austère carême.
Parfois l'on médite sur le chrysanthème,
Fruit d'un hasard ou d'un noir stratagème,
Contemplant l'effroi de ce phénomène,
Qui fige la vie en un froid anathème.
Mais au milieu de ces mots savants masculins,
Une figure s'avance, au charme commun :
Seule la crème, en sa grâce féminine,
Vient adoucir cette rigueur masculine.
partially AI generated
25 décembre 2025
Doublets VERRE m. et VITRE f.
En résumé
19 décembre 2025
Les six noms féminins en -age
28 novembre 2025
VOCABULAIRE masculin, mais GRAMMAIRE féminin
VOCABULAIRE (liste de vocables) masculin
Genre étymologique
Genre suffixal
En français moderne, vocabulaire est un dérivé de vocable au moyen du suffixe collectif masculin -aire, qui exprime l’idée de « liste ou recueil de mots ».
Ce suffixe savant a été assez productif :
Les cas féminins sont soit...
- des dérivés suffixés : une publication, une parution
- des composés savants : une anthologie, une biographie, une monographie, une encyclopédie
- le résultat de métonymies :
une torah (13e) emprunt à l'hébreu signifiant "instruction, doctrine, enseignement" et par extension "un exemplaire écrit"
une revue (18e) emprunt à l'anglais review, lui même du français revue f. (restauration du genre de l'étymon français) ; il désigne une publication périodique et par extension "un exemplaire imprimé de cette revue"
une thèse : emprunt au latin thesis f. ; proposition de recherche soutenue lors d'un doctorat ; par extension "un exemplaire imprimé de cette thèse"
une grammaire : emprunt au latin grammatica f. (science des lettres) ; par extension "un manuel de grammaire"
- des emprunts
une bible (12e) Emprunt au latin chrétien biblia f.
06 novembre 2025
PLUIE féminin, mais PARAPLUIE masculin
🌧️ PLUIE : un héritage latin
Le mot pluie, attesté depuis le XIᵉ siècle, vient du latin pluvia, nom féminin dérivé du verbe pluere (pleuvoir). Le français a simplement conservé le genre féminin du latin :
une pluie fine, une forte pluie
Le genre de pluie est donc étymologique. Il a conservé le genre féminin de son étymon latin.
☂️ PARAPLUIE : un composé verbal franco-italien
Au 16e siècle, le français emprunte à l'italien les noms parasol (parasole m.) et paravent (paravento m.), eux-mêmes issus du verbe italien parare (se défendre). En italien, comme en français, le genre masculin est motivé par la nature verbale (donc non genrée) et exocentrique (sans tête) de ce type de composition.
Le français s'est mis à créer de nouveaux composés sur le modèle italien. Le mot parapluie (ce qui protège de la pluie) naît ainsi au 17e siècle, suivi de parachute (ce qui protège de la chute) et paratonnerre (ce qui protège du tonnerre) au 18e.
La forme de composition a été francisé plus tard à l'aide de pare- (verbe parer), pour donner des composés masculins : (19e siècle) un pare-feu, (20e siècle) un pare-brise, un pare-choc, un pare-soleil, un pare-boue, un pare-douche, un pare-pierres, un pare-pluie
Le genre de parapluie est neutralisé, c'est à dire masculin par défaut. C'est le cas de tous les composés verbaux (ex. ouvre-boîte, porte-bonheur, lance-flamme, appuie-tête, lave-linge, grille-pain etc.) car ils n'ont pas de tête genrée contrairement aux composés endocentriques comme chou-fleur m. (un type de chou m.), timbre-poste m. (un type de timbre m.), radio-réveil (un type de réveil m.), pause-café f. (un type de pause f.)
fermer son parapluie, un vieux parapluie
En résumé :
Le genre de PLUIE est hérité du latin, celui de PARAPLUIE est imposé par défaut.
18 octobre 2025
CHEMISE féminin, mais CHEMISIER masculin
Apprenants de français, sachez que le genre des vêtements ne dépend pas du sexe de ceux qui les portent.
Une "chemise" est un vêtement porté par un homme
CHEMISE est attesté en français depuis le 10e siècle. Il est issu du bas latin camisia f., une chemise de toile portée sur la peau.
Un "chemisier" est un vêtement porté par une femme
CHEMISIER est un dérivé du nom français "chemise" à l'aide du suffixe masculin -ier formant des nom d'agent et/ou de profession. En effet, au début du 20e siècle, un "chemisier" ou "chemisière" désignait une personne qui faisait ou vendait des chemises pour homme. Dans les années 20, après glissement de sens, il désignait également une chemisette, une petite chemise, ou une blouse à devant plissé.
En résumé
Le genre de CHEMISE est étymologique, car il a conservé le genre féminin de son ancêtre latin. Le genre de CHEMISIER est suffixal (morphologique), car il a pris le genremasculin de son suffixe -ier.
GROUPE masculin, mais TROUPE féminin
Pourquoi dit-on un groupe de rock, mais une troupe de théâtre, alors que les deux noms partagent un sens proche (ensemble de personnes) et la même finale -(r)oupe /-rup/ ?
Quelle en sont les raisons ?
GROUPE (m.) est un emprunt à l'italien gruppo m. datant du 17e siècle ; le e final du français est orthographique ; il permet de maintenir le son /p/ qui autrement serait devenu muet comme dans "coup" ou "drap". L'emploi de "groupe" pour désigner un ensemble musical date des années soixante.
TROUPE (f.) a une toute autre origine qui s'avère plus complexe à retracer. Il est décrit dans les dictionnaires comme une régression de "troupeau", nom masculin (régression accompagnée d'un changement de genre) qui comme de nombreux autres noms de l'ancien français (trope f. (fin 12e), tropel m.(1190), tropele f. (12e), tropelet m.) dérive du radical francique *trop, *trop (entassement) qui avait donné le bas latin troppum nt. ainsi que l'adverbe français "trop" (1080). Le féminin peut être dû à l'influence de trope f. ou à la finale fermée marquée (-pe) typique du féminin, ou encore à un féminin sémantique (valeur de collectif). "Troupeau" s'est spécialisé dans le regroupement d'animaux alors que "troupe" est réservé aux individus (une troupe militaire). C'est au 17e (1662) que ce dernier commence à désigner également un ensemble de comédiens jouant ensemble.
Doublets SOMME m. et SOMME f.
26 juillet 2025
Le français NUAGE m. - l'espagnol NUBE f.
Il est courant de lire que certains noms ont des genres grammaticaux opposés dans différentes langues romanes, bien qu’ils désignent la même réalité. C’est le cas du mot « nuage », masculin en français (un nuage), et de son équivalent espagnol nube, féminin (una nube). À première vue, cette différence semble illustrer une certaine arbitrarité du genre grammatical. Pourtant, une analyse étymologique révèle une toute autre réalité.
Deux mots pour une origine commune : nūbēs
L'espagnol nube f. (nuage) et le français nue f. sont des formes sœurs, toutes deux issues de la langue mère latine nūbēs, nūbis, féminin, signifiant « nuage » ou « nuée ».
En espagnol, nube est attesté dès le XIIIᵉ siècle. C’est un emprunt direct au latin nūbēs dont il conserve à la fois le sens (nuage) et le genre féminin.
En français, le mot nue apparaît dans les textes au début du XIIᵉ siècle avec la même origine latine : nūbēs. Lui aussi conserve le genre féminin du latin. Ce mot est aujourd’hui vieilli, mais subsiste dans des expressions comme tomber des nues ou porter aux nues.
Le français et l’espagnol ont emprunté le même mot féminin latin : nube et nue sont soeurs.
Quand le français masculinise le ciel : l’apparition de nuage
Le contraste de genre apparent aujourd’hui ne vient pas d’un désaccord entre les langues, mais d’un développement ultérieur propre au français.
Dès la fin du XIIᵉ siècle, le français crée, à partir de "nue", un dérivé féminin : nuée (suffixe -ée f.), signifiant « amas de nuages » ou « gros nuage ».
Au XVIᵉ siècle, émerge nuage, un nouveau dérivé à partir de nue, mais avec le suffixe masculin –age (comme dans village, feuillage, paysage, laitage).
Le masculin du "nuage" français résulte d’un changement morphologique interne au français.
Conclusion : une opposition apparente, une origine commune
L’exemple souvent repris du « nuage » français et de la nube espagnole ne démontre pas le caractère aléatoire du genre grammatical. Il illustre au contraire une parenté étroite et des mécanismes internes à chaque langue :
Espagnol : nube ← nūbēs (féminin conservé)
Français : nue ← nūbēs (féminin conservé, mot vieilli) → nuage (suffixé masculin)
Plutôt que refléter une variation capricieuse du genre, ce cas révèle la stabilité des héritages étymologiques et la régularité des processus de dérivation. Le genre grammatical n’est pas arbitraire : il est construit, transmis, ou reconfiguré selon les formes, les suffixes et l’histoire lexicale des mots.
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